un printemps de glace "an early frost" Téléfilm Nov 1985

un printemps de glace "an early frost"  Téléfilm Nov 198501:32:11

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Auteur :

Christian Cloclo

Publié le :

20/04/2018

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Description :

Premier téléfilm U.S.A. de Nov.1985, qui traitait du SIDA, l'histoire est très belle et émouvante.

Transcription vidéo

Orateur 7

et bien c'est très bien oui très bien et tu ne crois pas que tu devrais

Retravailler les exercices un temps qui n'est plus avant ta prochaine leçon.

Orateur 1

Si tu veux.

Orateur 22

Alors on est d'accord.

Ok. La commande de Giraldi est prête ?

Je dis au gars de ne pas se presser.

Pourquoi ?

Il y a une raison.

Il n'a pas encore payé le dernier lot.

Non, non, non.

Joe est un copain.

En plus, c'est un bon client.

Fais-lui parvenir son bois.

Orateur 3

Après tout, c'est ton fric.

Vous venez dîner, Sujit et toi ?

On sera chez vous vers 7 heures.

Demaine le petit.

Bien sûr, sinon il ferait une tragédie.

Orateur 1

Sa grand-mère aussi.

Orateur 11

Johnny, on va remettre en votre commande notre voiture à 10.

Oh, je t'en prie, maman, tu ne vas pas remettre ça.

Orateur 6

Je trouve que c'est profondément injuste.

Pour nos 30 années de mariage, ton père m'a emmenée en Europe.

Sur le Queen Elizabeth, s'il te plaît.

Orateur 1

Nul.

Orateur 6

Tu devrais t'offrir un mois de vacances.

Orateur 22

Je dois gagner ma vie, belle maman.

Orateur 10

Maman, tu n'aurais pas oublié de surveiller ton cholestérol ?

Qu'est-ce que tu le surveilles pour moi ?

Je te laisse faire.

Orateur 15

Je te sers quelque chose ?

Orateur 11

Tu veux une vodka ?

Tu as faim peut-être ?

Et qu'est-ce que vous êtes en train de chuchoter, tous les deux ?

Mais tu vois ça ?

Hé, vous deux !

C'est bientôt fini, c'est messe basse.

Ou alors je veux en être, moi aussi.

Mais qu'est-ce qui se passe ?

Qu'est-ce que vous complotez en douce ?

Mais non, maman, mais... Des nouvelles boucles d'oreilles ?

Tu les avais pas vues ?

C'est un cadeau de ton père.

Elles sont super.

Orateur 12

Chérie, regarde un peu ton fils.

Orateur 11

C'est qu'un enfant, puis c'est le tien aussi.

Ah, on a sonné, je crois.

Tu veux aller ouvrir, Suzy ?

Mais pourquoi tu n'y vas pas, maman ?

Mais pourquoi moi... Oui, va ouvrir.

Très bien.

Ce n'est que mon 30e anniversaire de mariage.

Orateur 21

Vous êtes tous censés me porter en triomphe sur un trône doré.

Orateur 11

Bande de muffles !

Oh, Michael !

Oh, mon chéri !

Oh, non !

Oh, je suis tellement heureuse !

Oh, merci, tu es un ange !

Orateur 23

J'étais dans mon bureau avec un client lorsque Wesker me téléphone disant qu'il aimerait qu'on déjeune ensemble tout de suite.

Orateur 3

Alors, je sens que ça va très mal pour moi.

Comment ça ?

Ah oui, le vieux Wesker adore vous licencier devant un bon déjeuner.

Orateur 11

Vous licenciez ?

Orateur 3

Catherine, tu ne veux pas t'asseoir ?

Chacun le servira.

Orateur 11

Non, non, non, ça ira.

Commencez sans moi.

Orateur 3

Et alors ?

Bon, alors, nous voilà installés à une table de son trois étoiles préférée.

Il se met à me parler du prix inabordable de la colonie de vacances où j'ai envoyé ses gosses, que sa femme veut une maison plus grande.

Alors, moi, je me demande pourquoi il m'a invité à déjeuner.

Alors, j'attends que tombe le coup près.

Orateur 6

Merci, c'est trop.

Je trouve que tu es un peu trop maigre.

Orateur 3

Tout le monde est toujours trop maigre pour toi.

Orateur 6

Toi, tu auras au moins deux kilos à perdre.

Bon, les enfants, on se tait, on se tait.

Orateur 23

Quoi qu'il en soit, on finit de déjeuner et quand l'addition arrive, il la glisse devant moi.

Orateur 3

Il voulait que tu payes.

Il a du culot, cet homme.

C'est quelque chose.

Ah, mais non, il y a un truc.

Car voici ce qu'il me dit.

Personne n'étant devenu mon associé, vous avez les moyens de payer ça, non ?

Orateur 11

Son associé !

C'est incroyable !

Pourquoi tu ne nous l'avais pas écrit ?

Orateur 3

J'ai préféré attendre d'être entre nous.

Orateur 11

On a voulu te faire la surprise.

Orateur 3

Avec tout l'argent que tu vas ramasser, tu trouveras sur mon héritière.

Avec tout le boulot qui m'attend, je n'aurai pas le temps de le dépenser.

Orateur 11

Ce n'est pas tellement sain de travailler sans arrêt.

J'espère que tu prends le temps de recharger tes batteries.

Orateur 3

Ce que ta mère veut savoir, c'est si tu cours la gueuse.

Si vous voulez tout savoir, oui !

Je ne suis pas un moine.

Orateur 11

Parce que je voulais dire, en réalité, c'est que si tu as envie d'inviter quelqu'un à la maison, eh bien, n'hésite pas, elle sera toujours la bienvenue.

Orateur 22

Oui, elle peut dormir dans ma chambre.

Orateur 11

Drôle, très drôle.

... Je trouve que tu es en net progrès.

Orateur 3

Tu appelles ça jouer ?

Orateur 11

Evidemment, ça pourrait être mieux.

Orateur 3

Viens, dis-moi comment faire mieux.

Orateur 11

D'accord, mais ça se joue en sol bécar.

Orateur 1

...

Orateur 3

C'est fantastique.

Orateur 11

Quand on a été concertiste, il en reste quelque chose.

Orateur 23

Dis, maman, je regrette de ne pas te rester assez longtemps pour bavarder avec toi.

Mais peut-être quand je reviens.

Orateur 11

Oui, bien sûr.

Nick!

Tu ne veux pas qu'on t'accompagne ?

Orateur 3

Tu sais que je déteste les adultes dans les aéroports, maman.

Orateur 11

D'accord, mais téléphone-nous quand tu seras arrivée, tu veux bien ?

Orateur 3

Laisse-le partir, le compteur tourne.

Orateur 11

Tiens, n'oublie pas ton gâteau.

Orateur 3

Allez, salut papa.

Va gagner, mon cher maître.

C'est promis.

Orateur 19

Au revoir.

Orateur 12

Tu vas rester couché toute la journée ?

Orateur 23

Quelle heure est-il ?

Il est 8 heures.

Orateur 21

T'aurais dû me réveiller.

Orateur 4

Ça fait une demi-heure que tu ne veux rien savoir.

Orateur 21

Je suis en retard.

Orateur 12

Je te conseille de ménager tes forces pour mieux faire le lézard sur les plages de Hawaï.

Orateur 3

Ça va pas ?

Je crois que tu devrais rester au chaud aujourd'hui.

Je peux pas.

Ce matin, j'ai une tonne de rendez-vous.

Orateur 4

J'ai appelé l'agence de voyage.

Elle nous a déniché un hôtel incroyable avec une superbe vue sur la mer.

Orateur 19

À propos de ces vacances, il va falloir les remettre

Orateur 4

Oh non, c'est pas vrai.

Tu as dit qu'on partait cette fois-ci.

Orateur 23

Je sais, mais on est à quelques jours du procès.

Je suis obligé de rester.

Orateur 4

Mais enfin, je suis déjà arrangé pour fermer la boutique.

Orateur 3

Que veux-tu que je fasse ?

On vient de me bombarder associé.

Et allez donc, ça recommence.

Ton petit-déj est servi.

Orateur 4

Merci.

On n'a presque plus de moussardé.

Je m'en occupe.

Mike, ça s'est bien passé chez tes parents ?

Très chouette.

Une qui était soufflée, c'était bien maman.

C'est pas ce que je demande.

Orateur 3

Quoi ?

Qu'est-ce que tu demandes ?

Est-ce que tu leur as parlé ?

Ah oui, ils étaient enchantés.

Je t'en prie, je suis resté chez eux moins de 24 heures.

Ça aurait été si long que ça à dire.

Écoute, je n'ai pas le même genre de rapport avec mes parents que toi avec les tiens, d'accord ?

Je ne discute pas de ma vie sexuelle avec eux.

Et ne discute pas de leur vie sexuelle avec moi.

Mais qui est-ce qui te parle de vie sexuelle ?

Je te parle de toi et moi.

Orateur 4

Attends, attends.

Quoi ?

Bouge pas.

Orateur 1

C'est un cheveu blanc.

Orateur 1

Tu vieillis.

Orateur 22

Le troisième âge s'annonce.

Les ganglions sont enflés.

Vous vous sentez comment ?

Orateur 3

Fatigué.

Je transpire la nuit assez souvent.

Orateur 22

Vous avez de la fièvre ?

Non.

Très bien, grimpez là-dessus, Mike.

Je vais vous dire la bonne aventure.

D'accord.

Vous avez encore maigri ?

Orateur 19

Vous savez, je n'ai jamais eu de maladie grave.

Orateur 22

Vous allez me faire quelques analyses de sang.

Orateur 3

Pourquoi ?

C'est qu'un virus, non ?

Orateur 22

Oui, il y a de drôles de virus en circulation.

Orateur 3

Je suis à vous.

Non, prenez votre temps.

Qu'est-ce que tu fais là ?

Eh bien, comme je passais devant votre vitrine, j'ai eu l'œil attiré par ce superbe jukebox.

Est-ce qu'il marche ?

Parfaitement.

J'ai toujours rêvé d'en avoir un.

Oui, c'est une pièce qu'on ne trouve plus.

Tiens.

Je ne sais, monsieur, si vous pouvez vous l'offrir.

Orateur 4

Eh bien, qu'est-ce que vous en demandez ?

Je vous le laisse pour 4000 dollars et c'est une affaire, si l'on considère l'énorme travail qu'il m'a coûté.

Je vous fais un chèque ?

Les nouveaux clients paient en liquide.

Orateur 23

Tiens.

C'est quoi ?

C'est une enveloppe.

Orateur 12

Ouvre, tu verras bien.

On va partir, c'est vrai ?

Oui !

Orateur 3

Dans une semaine.

Mais et ton procès ?

Je l'ai fait porter, car je suis un jeune patron.

Orateur 23

Mademoiselle.

Je devrais rentrer l'état.

Orateur 2

Justement, j'y pensais à l'instant.

Vous partez aussi ?

Orateur 23

Je vais voir d'abord les citations.

Orateur 2

Très bien.

Oui, la justice n'est pas aveugle.

Elle a les paupières lourdes par manque de sommeil.

Orateur 21

Monsieur ?

Orateur 1

Monsieur ?

Orateur 1

Ça ne va pas ?

Orateur 22

Ça va, monsieur ?

M. Pearson, je viens vous voir à la demande de votre médecin traitant.

Oui.

Un accident respiratoire ?

Oui, j'ai tout fait tout d'un coup.

Bien, asseyez-vous, nous allons voir ça.

Orateur 15

Respirez à fond.

Expirez.

Encore.

Orateur 22

Ça va. Vos poumons sont encore congestionnés, mais les progrès sont évidents.

Pas vrai.

Les antibiotiques ne devraient pas tarder à agir.

Votre fièvre tombera très vite.

Orateur 4

De quoi il souffre ?

Orateur 12

Les analyses faites hier soir indiquent qu'il s'agit d'une pneumonie.

Une pneumonie, je croyais que c'était une simple grippe.

Vous êtes amant ?

Je reçois beaucoup d'homosexuels dans mon service.

Oui.

Vous êtes ensemble depuis quand ?

Deux ans, je m'appelle Hill.

Monsieur Hill, je suis content que vous soyez ici parce que vous êtes concerné.

Orateur 3

Voilà.

Le type d'infection dont vous souffrez est un pneumocystique cariné.

Elle n'attaque pas un organisme qui était habituellement sain.

Orateur 22

Nous avons fait un certain nombre d'analyses de sang pour vérifier le fonctionnement de votre système immunitaire.

Les résultats indiquent un dérèglement.

Vous avez entendu parler du syndrome immunodéficitaire acquis.

Orateur 3

Le sida ?

Si je comprends bien, j'ai le sida, docteur.

Nous n'établissons ce diagnostic que lorsque nous sommes en présence d'un agent pathogène, comme votre infection pulmonaire.

Je ne peux pas avoir le sida, c'est impossible.

Je sais que c'est difficile pour vous, mais je voudrais que vous m'écoutiez.

Nous en savons plus aujourd'hui qu'il y a un an, ou même depuis six mois.

Nous avons isolé un virus que nous croyons être à l'origine du sida.

On expérimente des produits et le traitement des malades s'améliore.

Orateur 22

Je vous garde une semaine en traitement.

Ensuite, si votre état s'améliore, et j'espère vivement que ce sera le cas, je vous renverrai chez vous avec une ordonnance.

Allez, essayez de vous reposer.

Je repasserai vous voir tout à l'heure.

Monsieur ?

Orateur 3

J'ai pensé... Je sais plus ce que je pensais.

Je vais aller dire deux mots à ce médecin.

Orateur 1

Putain... Ne vous laisse pas.

Orateur 3

Ici Michael Pearson, je suis absent en ce moment, mais si vous voulez bien me laisser un message, je vous rappellerai aussitôt que possible.

Merci.

Orateur 11

Allô Michael, c'est maman.

J'espère que tu vas bien.

Nous t'avons laissé des messages toute la semaine et tu n'as répondu à aucun.

Orateur 12

Allô ?

Madame Pearson ?

Orateur 11

Je ne vois pas pourquoi, ton égoïsme est incroyable.

Orateur 22

Alors alors inutile que tu ailles à Chicago.

Orateur 11

Mais pourquoi ?

Orateur 22

Parce que...

Il n'a nullement besoin d'une maman à son chevet.

Il nous préviendrait si c'était quelque chose de grave.

Orateur 11

Tu trouves qu'une pneumonie, ce n'est pas quelque chose de grave ?

Orateur 22

Moi, je l'ai eu il y a deux ans et j'ai guéri en quoi ?

Orateur 11

En deux semaines.

Oui, tu as guéri.

Mais c'est parce que tu avais quelqu'un qui était là et qui te soignait.

Quelqu'un qui te préparait tes repas et qui allait à la pharmacie chercher tes médicaments.

Michael, lui, il n'a personne.

Il est tout seul.

Orateur 22

Tu as dit que quelqu'un a répondu au téléphone.

Un copain.

Alors ?

Orateur 11

Elle a besoin de plus qu'un copain.

Orateur 3

Cathy, ce garçon n'est plus un môme.

Arrête de le dorloter.

Tu sais, s'il a besoin de nous, il nous le dira.

Il sait où nous trouver.

Orateur 14

Je n'entre pas là-dedans, il est si tard.

Où est-il ?

Le docteur Ward est demandé au 560.

Orateur 1

Docteur Ward au 560.

Orateur 3

Monsieur est servi.

Vous les servez aussi ?

Chaque fois qu'il le faut.

Je l'ai commandé chez le traiteur.

Je suis désolé.

Orateur 22

Il semble qu'une aide-soignante n'ait pas écouté ma conférence.

Quelle conférence ?

Orateur 3

Où j'ai dit que le sida ne se propageait pas par simple contact et qu'il était transmissible uniquement par voie sexuelle ou sanguine.

Et comment je l'ai vu alors ?

Il n'a pas reçu la moindre transfusion et n'a eu de rapport avec personne excepté Peter.

Et lui ?

Orateur 23

Bien sûr que non, voyons, on est ensemble.

Orateur 3

Je demande ça uniquement parce que l'on a découvert qu'il était possible d'être porteur du virus de la maladie sans pour autant manifester les symptômes cliniques.

On peut donc transmettre le sida sans l'avoir contracté.

Et avant que vous ne soyez ensemble ?

Vous me demanderez un rapport détaillé sur ma vie sexuelle ?

Oui.

Aussi complexe que vous le voudrez bien.

J'ai eu quelques aventures, quelques rencontres d'un soir, si c'est ça qui vous intéresse.

Je ne me pose pas en juge.

Il est important de le savoir parce que le nombre de contacts que vous avez eus détermine vos risques d'avoir été exposés à un partenaire contagieux.

Ça remonte à des années, avant qu'on ait entendu parler du sida.

Le problème est qu'on ne connaît pas la période d'incubation de ce virus.

Peut-être de cinq ans ou plus.

On n'a aucune certitude.

Alors qu'est-ce que je fais, moi ?

Hein ?

On sait que le nombre de nouveaux cas double environ tous les 9 ou 10 mois.

Eh bien, moi, je suis sûr d'une chose, je vais guérir de cette saleté, rien ne m'en empêchera.

Je vous renvoie chez vous.

Vos radios sont positives.

Je rentre chez moi ?

Eh bien, je rentre chez moi.

Orateur 22

Et vous allez prendre un bon mois de congé.

Un mois de congé ?

Un mois.

Reposez-vous bien.

Un bon régime, des trucs de bon sens, quoi.

Orateur 3

Entre-temps, si vous avez des questions...

Des questions, oui, justement, j'en ai une question.

Je fais quoi, moi, si je veux vivre ?

Qu'est-ce que je dois dire à mes amis, à mes confrères ?

Que j'ai attrapé la peste rose ?

Qu'est-ce que je fais ?

Ce n'est pas une maladie spécifique des homosexuels.

Orateur 22

Un virus ignore et n'a rien à faire des choix et préférences sexuels.

Orateur 3

Les homosexuels ont été les premiers à le contracter, mais il y en a d'autres.

Les hémophiles, les drogués par intraveineuse, et ça ne s'arrêtera pas là.

Mais mon ami Peter...

Demain, quand je serai rentré.

On peut se toucher sans lasser.

Mais je ne vous conseille pas plus d'intimité que ça.

Orateur 19

Je me demande s'il y en aura beaucoup qui voudront encore me serrer la main quand ils sauront ce que j'ai.

Orateur 3

Un conseil, ne vous posez pas de questions qui risquent de rester sans réponse.

Orateur 20

Alors ?

Orateur 4

Il te plaît ?

Quand est-ce que tu l'as ?

Oh, hier soir.

Ça a été un drôle de cirque pour le monter jusqu'ici.

J'ai cru qu'il me faudrait abattre une cloison.

Orateur 1

C'est joli.

Orateur 4

Tiens.

Orateur 12

Je suis content de te voir.

J'ai mis ton courrier là-haut.

Orateur 20

Pratiquement que des factures.

Orateur 4

Normal.

Tu as faim ?

Je te prépare quelque chose.

Orateur 20

Non, non, je vais écouter mes messages.

Orateur 3

Qu'est-ce que tu fais ?

Je pense qu'il vaut mieux que je dorme ici.

Mais le docteur Reding a dit que... Je sais ce qu'il a dit, je dis qu'il ne faut pas prendre de risques inutiles.

Orateur 23

Et si tu ne veux pas rester, je comprendrai très très bien.

Orateur 3

Est-ce que j'ai dit ça ?

Bien sûr que je veux rester.

Qu'est-ce que tu as enfin ?

Rien, je ne veux pas de ta pitié, c'est tout.

Quelle pitié ?

Je te dis que je n'ai pas faim et toi tu m'apportes un sandwich.

Je ne suis pas un infirme.

Enfin, pas encore.

Michael, je fais tout ce que je peux pour m'adapter à la situation.

Orateur 4

Si tu veux faire chambre à part, c'est très bien.

Si tu veux mettre une pancarte marquée défense d'entrée, je serais d'accord.

Souviens-toi seulement que je suis aussi angoissé que toi.

Orateur 23

Peter.

Je veux que tu saches une chose.

Depuis que nous vivons ensemble, je n'ai jamais vu quelqu'un d'autre.

Orateur 3

Je crois que je ne le sais pas.

Orateur 11

Allô ?

Michael, je suis malade d'inquiétude.

Orateur 19

Comment vas-tu mon chéri ?

Salut maman.

Orateur 11

Pourquoi tu ne nous téléphones pas ?

Orateur 19

Je viens de rentrer.

Orateur 11

Bon et bien mets-toi au lit tout de suite et écoute-moi.

Dès que tu te sentiras mieux, je veux que tu viennes à la maison pour que tu te soignes comme il faut.

Orateur 23

Attendons encore quelques jours pour voir, d'accord ?

T'inquiète pas, je ne suis pas seul.

Il y a un voisin qui me donne un coup de main.

Orateur 3

Vous savez ce que c'est qu'un renvoi d'audience et je ne vous dis pas ce que le retard nous coûtera.

Il sera largement récupéré au moment du règlement.

Si le procès n'était pas aussi imminent, mais dans l'état actuel des choses, il vaut mieux que je confie le dossier à le Vendard.

Je ne suis pas d'accord du tout, c'est mon dossier.

C'est moi qui l'ai apporté à ce cabinet, j'y travaille depuis trois ans.

Je le sais Mike, mais c'est trop me demander.

Il s'agit de quelques semaines supplémentaires.

Et si ce délai ne suffisait pas ?

Écoutez, vous avez ma parole, je gagnerai ce procès.

Je vous en prie, faites-moi confiance.

Ah, ça a marché.

Ben, il a fini par accepter que le cabinet demande l'ajournement.

C'est du tonnerre.

Ça a l'air bon.

Oui.

Vous ajoutez de l'ail ?

Orateur 4

Non.

Orateur 3

On n'a plus d'ail ?

Orateur 4

Non, mais j'ai décidé d'utiliser ça à la place.

Orateur 3

Ben, je crois que Marc et Ben devaient venir.

Oui, mais ils sont décommandés.

Orateur 23

Un peu tard, non ?

Orateur 4

À la dernière minute, comme ça ?

Oui, Marc devait préparer un cours de philo pour demain matin.

Alors, c'est juste toi et moi.

Orateur 3

Peter, tu as dit à Marc ?

Peter ?

Orateur 1

Quoi ?

Orateur 3

Tu t'es dit à Marc, n'est-ce pas ?

Il savait que tu étais malade, il m'a demandé ce que tu avais.

Alors tu lui as dit.

Alors voilà, il a peur de venir et d'attraper le sida en bouffant des spagnettis.

Orateur 4

Ça va, ça va, je suis désolé.

Tu es content ?

J'aurais pas dû lui dire.

Orateur 23

Oh, écoute, une journée de chien, ça me passera.

Oublions ça, tu veux bien ?

Tu aurais sans doute fait la même chose à ta place.

Orateur 12

Non.

Non, Michael, j'en doute fort.

Bon, écoute, il y a une chose que je t'ai cachée.

Orateur 4

Je craignais de te faire de la peine.

Orateur 12

Ce n'était pas important au niveau de notre liaison.

Orateur 4

Mais est-ce que tu te souviens l'année dernière, lors de ton procès contre les vigiles de la Révolution ?

Tu étais tellement pris que je restais seul des journées, des semaines entières.

Et il m'est arrivé une ou deux fois.

Orateur 3

Combien de fois ?

Rien que deux fois, pas plus.

Et où est-ce que tu allais ?

Orateur 4

Les bars.

Une fois au bain-douche.

Orateur 3

T'as fait ça ?

Orateur 23

Mais comment t'as pu ?

Orateur 3

Qu'est-ce qui t'a pris de faire ça ?

Tu sais aussi bien que moi ce qui circule dans ces endroits-là.

Je suis désolé, Michael.

Toi, tu es désolé ?

Et moi, j'ai le sida ?

Et tout ce temps, je nous croyais à l'abri car nous étions unibles, parce qu'on était ensemble.

On se protégeait l'un l'autre.

Mais j'ai peut-être attrapé ça par ta faute.

Non, ça, on ne le sait pas.

Mais par qui d'autre, alors ?

Par qui d'autre ?

Orateur 4

Bon, tu vas faire ta balise et puis t'en aller.

Orateur 3

Soyons sérieux, Michael.

Je suis très sérieux !

Orateur 21

Tu crois que je plaisante ?

Orateur 4

Je suis chez moi ici, au même titre que toi.

Eh ben ça c'est fini !

Je veux plus de toi ici !

C'est peut-être ça, tu as peut-être jamais voulu de moi ici.

Chaque fois que j'entends le téléphone sonner dans ton bureau, sur ta ligne personnelle, celle que je n'ai pas le droit de décrocher parce qu'on pourrait découvrir que nous vivons en concubinage...

Qu'est-ce que tu crois que j'éprouve ?

Et chaque fois que tu sors avec tes amis avocats...

Relation professionnelle.

C'est plus que professionnel.

Nous vivons ensemble depuis deux ans.

Tu connais mes amis, ma famille, mes pensées les plus intimes.

Tu es entré dans ma vie comme chez toi.

Je suis resté à la porte de la tienne.

Moi, je n'entre pas.

Orateur 3

Parce que j'ai une ligne personnelle, tu traînes dans les bars et les bains douches, c'est bien ça ?

Tu fabriques des gestes minables ?

Je ne cherche aucune excuse.

Tu n'oses même pas le dire à tes parents.

Orateur 17

Ils n'ont strictement rien à voir dans tout ça.

Ils ont tout à voir, justement.

Orateur 4

Je ne te permets pas de dire.

Orateur 9

Alors quand on va toujours parler ?

Quand auront-ils le grand honneur de savoir enfin qui tu es ?

Orateur 1

Quand tu seras mort ?

Orateur 1

Allez, Foucault.

Orateur 1

Viens.

Orateur 6

C'est à moi.

Orateur 15

Faudrait qu'on me donne un handicap.

Orateur 6

Toi, tu devrais t'offrir quelques sombriges.

Orateur 11

Il est arrivé quand ?

Hier soir.

Comment va-t-il ?

Maigre comme un clou.

Mais il dit qu'il se sent très bien.

Orateur 8

Tu devrais le présenter à Gwen Flaster.

Elle n'est pas déjà mariée ?

Elle l'était.

Elle est divorcée avec deux enfants.

Elle reçoit une pension.

Orateur 11

Jeanne, tu veux jouer s'il te plaît ?

Orateur 8

Oui, un instant.

C'est quoi l'atout déjà ?

Vous voulez bien m'excuser un instant ?

Un pic.

Passe.

Quatre pics.

Passe.

Passe.

Orateur 21

Michael ?

Orateur 11

Qu'est-ce que tu fais là ?

Il fait frisquet ce soir.

Orateur 1

J'ai besoin d'un peu d'air.

Orateur 11

Oui, eh bien, je crois que tu devrais être couché, pas d'imprudence.

Veux-tu un bon thé bien chaud, je te l'apporterai là-haut.

Michael, qu'y a-t-il ?

Dis-moi !

Orateur 23

Je suis malade.

Orateur 15

Ici, chérie.

Michael.

Viens en dire bonjour à nos invités.

Orateur 11

Michael n'est pas très bien.

Je crois qu'il a de la fièvre.

Orateur 15

Il a l'air en pleine forme.

Orateur 11

On peut rechuter très facilement après une pneumonie.

Je crois que tu devrais rentrer.

Orateur 3

Ce n'est pas une pneumonie, maman.

Orateur 21

J'ai le sida.

Orateur 3

Le sida.

C'est un virus qui... Oui, je sais ce que c'est.

Orateur 11

Michael, mais c'est impossible.

Mais enfin, mais qui t'a dit ça ?

Orateur 23

Un médecin après des analyses.

Orateur 11

Oh non, le sida, c'est cette maladie qui touche.

Orateur 9

Maman, je suis homosexuel.

Papa... Oh non, non !

Nick, est-ce que tu vas revenir jouer ou pas ?

Tu as le chic de disparaître chaque fois que j'ai du jeu.

Orateur 21

m

Orateur 11

Laisse, chérie, je vais le faire.

Je vais t'aider, maman.

Non, mais laisse, repose-toi, je m'en charge.

J'ai dit à Georges de ne pas fumer ses affreux cigares chez moi, mais seulement, on le connaît.

Orateur 23

Maman, je ne sais pas si j'ai choisi le meilleur moment.

Orateur 11

Y avait-il un meilleur moment ?

Orateur 3

Ça veut dire quoi cette remarque ?

Je n'aurais pas dû venir, c'est ça que tu veux dire ?

Orateur 11

Mais non, bien sûr que non.

Mais tu es chez toi, nous sommes toujours tes parents.

Orateur 19

Comment ça va aujourd'hui ?

Orateur 23

Bien, je vais bien.

Maman, je suis optimiste moi.

Il suffit que je me soigne bien.

Orateur 11

Mais bien sûr.

Michael, est-ce que tu nous l'aurais dit si... tu n'avais pas eu cette... Une maladie ?

Orateur 23

Je ne sais rien.

J'ai longtemps eu envie de vous le dire et... Pourquoi tu as attendu ?

Pourquoi j'ai attendu ?

Je ne pensais pas que tu approuverais.

Je me trompe ou... ou non ?

Orateur 11

Eh bien non, mais...

Ce n'est pas que... Tu sais... Enfin, oui...

Non.

Ce qu'il y a, c'est que... Tu es mon fils, Michael.

Je ne conçois pas que quelque chose puisse me séparer de toi.

Ça me chagrine énormément que tu en aies douté.

Orateur 23

Je le savais, maman.

Orateur 11

Mais tu avais eu papa.

Eh bien, il...

C'était un tel choc pour lui, tu te rends compte ?

C'était en plus tellement inattendu qu'il ne pouvait pas croire, il ne comprenait pas.

Orateur 23

Elle ne pourra jamais comprendre, jamais !

Orateur 11

Hé, ne nous emballons pas, tu veux ?

Toi qui avais si peur du jugement de tes parents, tu n'as pas à juger ton père, sois patient avec lui.

Allez, viens, on se fait un petit déjeuner.

Orateur 23

Mais je n'ai pas faim.

Orateur 11

Tu mangeras quand même.

Orateur 15

Combien il t'en faut ?

C'est pas un problème.

Entrez.

Orateur 3

Tu n'as qu'à passer demain, on s'en occupera.

C'est promis, au revoir.

Je tourne mal, peut-être ?

Orateur 22

Florence, apportez-moi les fiches de paie.

Orateur 3

J'espère que nous aurions le temps de parler un peu ce matin avant que tu partes.

Mais les avocats se lèvent plus tard que le peuple.

Pourquoi pas maintenant ?

Je suis occupé.

Je suis sûr que si tu le demandes au patron, il t'accordera cinq minutes de pause.

Orateur 14

Voilà, monsieur.

Bonjour, monsieur Michael.

Orateur 3

Vous êtes toujours aussi beau garçon.

Papa, qu'est-ce que tu attends de moi, Michael ?

Que tu écoutes, c'est tout.

Je t'ai écouté.

Tu es homosexuel et tu as attrapé cette... cette maladie.

Orateur 23

De celle qui, lorsque les braves gens apprennent que vous l'avez, les fait changer de trottoir.

Comment les blâmer ?

J'en aurais fait autant, sauf que... la maladie, elle, est en moi.

Orateur 19

Papa... J'ai... J'ai honte.

Je n'ose même pas regarder les gens en face.

Orateur 23

J'ose plus parce que je sais ce qu'ils ont dans la tête.

Orateur 3

Les mêmes pensées que toi.

C'est un pédé, il a que ce qu'il mérite.

C'est bien fait pour sa gueule et le reste.

Tu ne sais pas ce que je pense et tu n'as aucune idée de ce que j'éprouve.

Je sais que c'est difficile pour toi.

Orateur 23

Je sais aussi que j'aurais dû te demander conseil plus tôt.

Faudra que tu me pardonnes.

J'ai pas eu ce courage.

Orateur 3

Mais je ne veux pas du tout m'excuser d'être ce que je suis réellement.

Parce que j'ai souffert trop longtemps avant de l'accepter.

Alors tu l'as accepté ?

Orateur 17

Très bien.

Orateur 15

Mais nous alors ?

Tu as pensé à ta mère et à moi ?

Orateur 3

Qu'est-ce que nous devons faire ?

Est-ce que nous sommes censés adopter ton mode de vie du jour au lendemain ?

Mais enfin non, je ne te demande rien.

Tu reviens à un moment et dans des conditions de ton choix, et tu veux que nous réagissions comme tu l'entends.

Eh bien, ça ne marche pas comme ça.

Alors comment ça marche ?

J'ai mal à savoir.

Orateur 22

À toi de me dire comment un garçon, mon propre fils, a pu devenir un inconnu.

Orateur 3

Tu vas à l'université,

Orateur 15

Ensuite, à Chicago, nous nous voyons une fois tous les six mois, nous nous téléphonons chaque semaine, je te dis comment ça va, tu me dis ça va bien, je n'insiste pas.

Tu es un homme, tu as ta vie.

Et c'est bien comme ça.

On ne peut pas être aussi attaché l'un à l'autre qu'avant.

Orateur 3

Mais je n'ai jamais cru que le jour viendrait où tu serais en face de moi sans que je sache qui tu es.

Papa, rentre à la maison.

Ici, on travaille.

Orateur 11

Tu leur as dit que tu étais gay.

Qu'est-ce qu'ils t'ont dit ?

Orateur 23

Pas grand-chose.

Orateur 11

Quand je leur ai dit que Bob et moi, on avait des problèmes, l'atmosphère a fraîchi pendant des semaines et c'était pas le baromètre.

En tout cas, je suis soulagée.

C'est vrai, ça a été dur pour moi.

Chaque fois que je les vois, ils me demandent avec qui tu sors, si tu vas te marier, quand.

Je ne l'ai jamais dit à Bob, ça je te le jure.

Et puis après tout, c'est ta vie.

Les parents n'ont pas le droit de te dire comment tu dois la vivre.

J'espère seulement que tu fais gaffe.

Il y a ces histoires horribles qu'on entend partout sur le sida.

Orateur 3

C'est vraiment terrifiant.

Orateur 1

J'ai le sida.

Orateur 3

Non.

C'est pour ça que je suis rentré.

Orateur 11

Oncle Michael !

Grégory, non !

Tiens ici !

Lâche-moi !

Lâche-moi, je veux voir l'oncle Michael.

Tout à l'heure, ton dentiste a téléphoné.

Il doit remettre ton rendez-vous à vendredi après-midi.

Ça te convient ?

Orateur 1

Oui.

Orateur 3

Un peu de riz, mon chéri ?

Non, merci, maman.

J'ai décidé de repartir à Chicago demain.

Orateur 11

Oh non, tu n'es pas rétabli, c'est trop tôt.

Dis-lui, toi.

Orateur 15

Qu'il fasse ce qu'il veut, ça le regarde.

Orateur 11

Michael, qu'est-ce que tu as ?

Tu n'es pas bien ?

Orateur 23

Je crois que je vais aller me coucher.

Bonsoir maman.

Orateur 3

Fais pas ça.

Il a raison maman.

Il suffit que tu me regardes pour que tu attrapes la peste.

Orateur 22

Il ne souffre pas assez comme ça.

Orateur 11

Tu as pensé à nous ?

À un contagion ?

Toi, moi ?

Oh non, mais c'est impossible.

Voyons, ça ne s'attrape pas par un simple contact ordinaire ou en étant dans la même pièce que lui, c'est ridicule.

Où est ce magazine où on explique tout ça ?

Orateur 3

Je ne veux pas le savoir.

Orateur 11

Il faut le savoir, justement !

Il est parfaitement possible qu'il... qu'il risque d'en mourir.

Il va avoir besoin de beaucoup d'attention.

Beaucoup de soin.

Orateur 17

Il s'adresse aux gens de son espèce.

Orateur 11

Mais ces gens-là, c'est nous.

Orateur 17

C'est un... comment on dit aujourd'hui ?

Gay ?

Orateur 11

C'est ton fils et le mien, bon sang.

Orateur 21

Maman ?

Maman ?

Maman ?

Où est-il ?

Orateur 22

Là-haut ?

Orateur 11

Il a été pris de convulsions et ensuite il a perdu connaissance.

Orateur 17

Est-ce qu'il prend un médicament ?

Orateur 11

Oui, oui, il prend ça.

Je vous en prie, il faut le transporter à l'hôpital.

Orateur 17

Pourquoi il prend ça, madame ?

Orateur 11

Il a eu une pneumonie.

Orateur 17

Vous êtes sûre que ce n'est que ça ?

Orateur 11

Eh bien, il a une espèce de dérèglement de son système immunitaire.

Orateur 17

Madame, qu'est-ce qu'il a, votre fils ?

Orateur 11

Il a le sida.

Orateur 17

Je m'excuse, madame.

Trouvez un autre moyen de le transporter à l'hôpital.

Orateur 11

Non, je vous en prie.

Monsieur, je vous en prie.

Monsieur !

Orateur 17

Quel genre de métier vous faites, les gars ?

Il est malade, il faut qu'il aille à l'hôpital.

Désolé, nous ne prenons pas les malades du sida.

Je vous en prie.

Vous devez faire quelque chose, il a besoin de secours.

Vous allez en monter le chercher.

Je vous attaquerai.

Non assistance, c'est mon fils.

Et alors, ramenez-le vous-même à l'hôpital.

Il sort la voiture.

Orateur 1

Je vais le porter.

Orateur 1

Il sort la voiture.

Orateur 1

Oui.

Orateur 1

Viens, Michael.

Orateur 18

Allez, allons-y.

Monsieur et madame Pearson.

Docteur Gilbert, je m'occupe de votre fils.

Comment va-t-il ?

Il a eu une attaque.

Selon le neurologue, il s'agit probablement d'un cas de toxoplasmose, une infection cérébrale qui se produit chez certains malades du sida.

Il va se remettre ?

Orateur 11

Il répond positivement au traitement.

S'il vous plaît.

Excusez-moi, mais... Voilà, je sais vraiment peu de choses sur la maladie de mon fils.

Juste ce que j'en ai lu.

Et on nous dit que...

Un grand pourcentage de ces malades sont en fait condamnés.

Orateur 18

Eh bien, évitons de nous enfermer dans ce genre de spéculation.

Tâchons plutôt de sortir votre fils de ce mauvais pas.

Orateur 11

Je suis désolée.

Orateur 18

Je dois savoir quelle chance il a. Je vais être franc avec vous, madame.

Je n'ai jamais vu un malade du sida en réchapper.

Orateur 21

Personne.

Orateur 18

La destruction du système immunitaire laisse l'organisme sans défense, vulnérable à toutes sortes de maladies ou d'infections.

Orateur 11

Je croyais que... Je suis sûre d'avoir entendu qu'un traitement existe.

Orateur 18

Je voudrais bien.

Nous essayons d'en trouver un.

Ça peut prendre des années.

Orateur 11

Mais docteur, il m'a lui-même dit qu'il se sentait mieux.

Il a dit qu'il allait se remettre.

Orateur 18

Nul ne s'attend à mourir ainsi, surtout quand on est jeune.

C'est naturel de refuser la mort.

Orateur 11

Êtes-vous en train de me dire qu'il n'a aucune chance ?

Orateur 18

Il y aura des périodes où il se sentira relativement bien.

Il poursuivra comme d'habitude ses activités.

Mais peu à peu, il perdra des forces car il devra vaincre les infections successives de son organisme.

Et puis à la longue, son état se détériorera.

Quand ?

Un an.

Peut-être deux.

Orateur 11

C'est impossible d'accepter cette fatalité.

Vous êtes médecin.

Orateur 18

Écoutez-moi, madame.

Dans mon service, une femme a le sida.

Elle vient de mettre au monde une fille.

Nous croyons qu'elle l'a aussi.

Un couple a été admis ces jours-ci.

Le mari était hémophile.

Il est mort ce matin.

Il faut que vous compreniez une chose.

Voyez-vous, votre fils n'est pas un cas unique.

Nous manquons de crédit, de personnel spécialisé.

Alors je veux réserver tout mon temps, toute mon énergie à soigner mes patients.

Est-ce que vous désirez savoir autre chose ?

Orateur 11

Qu'est-ce que nous devons lui dire ?

Orateur 18

Votre soutien moral ne peut que l'aider.

Dites-lui de vivre pleinement sa vie.

Orateur 11

Ils mentirent ensemble.

Orateur 18

Qu'il conserve l'espoir.

C'est la seule arme qui lui reste.

Orateur 11

Salut, maman.

Bonjour, ma chérie.

Tu as fait du café.

C'est gentil.

Il va bien ?

Je ne sais pas, je crois, oui.

Mais le médecin, qu'est-ce qu'il a dit ?

Il a dit qu'il s'en sortira.

Cette fois-ci...

Je vais y retourner.

Demain, nous pourrons y aller en voiture ensemble.

C'est que demain, je ne peux pas.

J'ai des tas de courses à faire et la voiture à faire réviser.

Suzanne.

Je ne dois pas le voir.

Pourquoi ?

Maman, je suis enceinte.

Il n'y a aucun danger à rester dans la même pièce que lui.

Je refuse de courir ce risque.

Maman, pourquoi tu ne respectes pas mon choix pour une fois ?

C'est toi qui as choisi.

Ça veut dire quoi cette remarque ?

Est-ce que Bob ne t'aurait pas aidé à le faire ce choix ?

Maman, tu sais combien j'aime Michael.

Mais ça ne doit pas m'influencer.

Je dois penser à ma famille.

Je croyais que nous étions ta famille aussi.

Pardonne-moi.

Orateur 3

Je vais m'allonger un peu.

Orateur 1

Tu feras ce que tu voudras.

Orateur 1

Lui, c'est Michael.

Orateur 3

Comment ça va ?

Ça va ?

Moi aussi, on s'accroche.

Pourquoi vous êtes là ?

Toxo, j'ai deviné.

Orateur 19

Ah oui, mais comment ?

Je l'ai eu.

Orateur 3

Qu'est-ce que tu n'as pas eu, toi ?

Oui, je suis une des sept merveilles de la médecine.

J'adore cette robe de chambre et les skis.

Orateur 10

Todd, avez-vous commencé votre chimiothérapie ?

Orateur 22

Demain.

Je ne suis pas très rassuré.

Sois tranquille, tu t'en sortiras très bien.

Orateur 3

On perd ses cheveux à ce qu'on dit.

Eh bien, il suffit d'être un peu plus créatif avec ceux qui restent, quoi que Chignon soit exclu.

Tenez, je ne sais pas pour vous, mais depuis une semaine, les gars, je ne tiens plus en place.

La dernière fois qu'on a vu James, il allait annoncer à son patron la chose.

Allez, raconte.

Il m'a viré.

Non.

J'ai perdu mon assurance maladie.

Eh bien, un collègue m'a dit que mon bureau avait été désinfecté.

Senteur Violette ou Pined ?

Orateur 13

Et vous trouvez ça marrant ?

Orateur 11

Oui, le monde rit avec toi, pleure et tu m'ennuies à pleurer.

Orateur 3

J'ai vu ma femme hier.

Orateur 11

Comment ça s'est passé ?

Orateur 3

Bien.

Vous êtes gay ?

Je ne suis pas gay.

Lui, à London, il n'est pas assez oligarque.

Ta gueule, pédale, qu'on se cause.

Oh, quel langage.

D'accord.

D'accord, vas-y, cause.

Je crois que c'est une pute qui m'a filé ça.

J'allais chez les putes dans le temps.

Au début, Linda, c'était ma femme.

Elle ne voulait pas que je voie mes gosses.

Hier, elle les a amenés.

Elle m'a dit qu'elle m'aimait encore et qu'elle resterait près de moi.

Mais quand je l'ai prise dans mes bras, elle a tourné la tête.

Orateur 7

Qu'avez-vous ressenti quand elle a fait ça ?

Orateur 3

C'était dur.

Pas tellement son geste, mais de savoir que jamais personne ne m'embrasserait.

Il y a au moins quelqu'un qui te sert dans ses bras.

Ça fait si longtemps que personne ne m'a touché, moi.

Si ça intéresse quelqu'un, je suis disponible.

Il fait toujours ce genre de cirque ?

Tout le temps.

Mais où est Brian ?

Orateur 7

Justement, je voulais en parler avec vous.

Orateur 8

Brian nous a quittés hier.

Orateur 1

Je lui ai parlé il y a seulement deux jours.

Il se sentait mieux.

C'est vrai.

J'en ai marre, moi, de me faire des amis qui n'arrêtent pas de mourir.

Oh, comme je te comprends, il est presque impossible d'organiser un dîner habillé ces temps-ci.

Orateur 8

Pourquoi on ne décide pas tous eux ?

Orateur 1

De quoi, Todd ?

Continuez.

D'en finir.

D'en finir ?

Avec cette chienlit, ça sera réglé une fois pour toutes.

Orateur 3

Je veux que ça s'arrête.

Ça va, ça va, laisse-toi aller.

Orateur 10

Michael, où allez-vous ?

Orateur 3

Je ne veux pas être ici.

Ne vous battez pas le sel.

Orateur 10

Nous voulons que vous restiez.

Orateur 3

Ce n'est pas ma place.

Orateur 23

On peut en parler.

Orateur 3

Il n'y a rien à en dire, madame.

Alors, que penses-tu de notre petit club ?

Orateur 13

J'adore le genre beau, ténébreux.

Orateur 3

Écoute, je n'ai jamais été emballé non plus d'être considéré comme une folle.

Mais tu sais, c'est la seule amicale où l'on est accepté sans formalité.

Pardon, je n'ai pas bien saisi ton nom.

Et alors ?

Oh, tu n'es pas sympa, tu sais.

Michael.

Plus fort, Hector.

Michael.

Michael Pearson.

Oh, il est charmant, ce nom-là, charmant.

Victor D'Amato, qu'on peut traduire par un vainqueur à l'amour.

On ne fait pas attention.

Ce sont mes blessures de guerre, une petite couche de fond de teint et... Qu'est-ce que c'est, Dura ?

Là où je travaillais, on nous aurait lynché sur le champ si nous avions servi cet or.

Tu étais serveur ?

Chef.

Oh, parle-moi de toi.

Tu as un emploi lucratif ou tu te débrouilles avec ton physique ?

Je suis avocat.

Un avocat.

Oh, j'ai justement pensé à refaire mon testament.

Tu vois, mon patrimoine souffre d'une gestion chaotique.

Je ne fais pas de testament.

Tu seras payé princièrement, monseigneur.

Et en fonction naturellement des contingences.

Quelles contingences ?

Que je décède, sinon où serait l'intérêt d'un testament ?

J'adore ce tissu.

Orateur 11

Vous devriez retourner dans votre champ, Victor.

Orateur 3

Madame, je suis le comité d'accueil officiel.

Orateur 23

Ce sont des gâteaux maison.

Si ça ne vous dérange pas, j'aimerais être seul.

D'accord.

Orateur 3

Oui.

Je veux dire, j'ai cru qu'un peu de compagnie vous ferait plaisir, étant tous les deux sur le même bateau.

On se retrouve au tennis.

Tu veux un gâteau ?

Orateur 1

Je ne devrais pas, je surveille ma ligne.

Orateur 23

Il surveille sa ligne.

Depuis combien de temps tu l'as ?

Orateur 3

Ma chose ?

Oui.

Presque deux ans.

J'ai été admis et réadmis tant de fois dans cet hôpital que c'est presque devenu une résidence secondaire.

Orateur 23

Comment tu t'en sors ?

Orateur 3

Comment tu arrives à continuer ?

Bien, je lève ma garde et je cogne.

Pitié.

Dis-donc, toi, écoute, la dernière fois que j'étais ici, j'ai entendu ce docteur dire que je ne passerais pas l'hiver.

J'ai répondu, je vais m'accrocher ici jusqu'à ce qu'on trouve un remède et quand on le trouvera, je serai le premier sur les rangs.

Alors, écoute,

Trois ans et un expert certifié.

Orateur 6

La grève de la faim, c'est pas le moment.

Les roses sont magnifiques cette année.

J'espère seulement qu'une gelée précoce ne viendra pas les faire mourir.

Orateur 11

J'ai entendu ce que je viens de te dire.

Orateur 6

Jusqu'au dernier mot.

Pourquoi tu as tellement attendu ?

Orateur 11

Je ne voulais pas t'inquiéter.

Orateur 6

Tu me crois à ce point fragile ?

Si je l'étais, je n'aurais pas tenu si longtemps.

Je vais aller à l'hôpital.

Orateur 11

Tu le verras bientôt, il doit rentrer dans quelques jours.

Orateur 6

Quand ton père était malade, c'était pareil.

Ils ont tout fait pour éviter que je l'apprenne.

C'est encore plus moche venant de toi.

Orateur 11

Ça a été si difficile pour nous déjà, tu sais.

Tu comprends, Nick refuse de lui parler.

Comme si Michael avait attrapé ça dans le seul but de le blesser.

Orateur 6

Alors c'est un imbécile.

Michael a toujours tout fait pour que son père soit fier de lui.

Il mettait tous ses espoirs en son fils.

Oh, ce n'est pas à Michael de matérialiser ses espoirs, comme ce n'était pas à toi de réaliser les miens.

Épouser Nick Pearson, au lieu de rester concertiste.

Tu aurais pu avoir une brillante carrière.

Tous tes professeurs au conservatoire de Boston étaient d'accord.

Tu vivais ta vie, tu étais responsable.

Je l'ai accepté, il fallait bien.

Orateur 1

Maman, nous allons le perdre.

Orateur 5

Quand ton père est mort, j'ai su en moi-même que jamais plus je ne pleurerai.

Et j'en étais reconnaissante, car c'était mon tour de partir.

Et tout ça est très normal.

J'ai vécu ma vie.

Michael est si jeune, sa vie n'a fait que commencer.

Orateur 21

Il a... J'ai... Ma chérie.

Maman.

Orateur 11

Oh, je trouve que tu as déjà meilleure mine.

Orateur 19

La grand-mère les a accueillis ce matin.

Ah, c'est gentil.

Orateur 11

Je lui téléphonerai.

Orateur 19

Ton père voulait venir, mais... Ah oui, il est occupé, je comprends.

Orateur 11

Enfin, tu sais ce qu'il pense des hôpitaux.

Orateur 19

C'est ce qu'il pense de moi, à peu près.

Orateur 11

Il t'aime infiniment, contrairement à ce que tu pourrais croire.

Un de tes amis a téléphoné.

Qui ?

Peter.

Il m'a paru très inquiet quand je lui ai dit que tu étais ici.

C'est ton amant ?

Il y a longtemps que vous êtes ensemble ?

Orateur 23

Deux ans à peu près.

Orateur 7

Deux ans à peu près ?

Orateur 11

Mais alors... Vous... Vous habitez dans... Tous les deux dans... Dans ton appartement ?

Orateur 23

Ça a changé, nous ne sommes plus ensemble.

Orateur 11

À cause de ta maladie ?

Orateur 23

Non, pas seulement.

Il y a eu... d'autres raisons.

Orateur 11

Je suis désolée.

C'est... C'est difficile pour moi d'imaginer.

Orateur 23

Que j'ai vécu avec un homme, c'est ça ?

Je n'étais pas malheureux, tu sais, maman.

Orateur 3

Salut, mon joli.

On donne le poids des larves à la télé ce soir.

Oh, excusez-moi.

Entre, Victor.

C'est ma mère.

Maman, je te présente Victor.

Orateur 1

Très heureux, madame.

Orateur 3

Enchantée.

Je te raconterai l'être mélo.

Orateur 21

Cet homme aussi est... Je...

Orateur 11

Je suis en retard, excuse-moi.

Je reviens de l'hôpital.

Orateur 23

Comment va-t-il ?

Orateur 11

Il commence à se plaindre de la nourriture.

C'est plutôt bon signe.

Il a demandé tes nouvelles.

Je sais qu'il veut te voir.

Orateur 17

Écoute,

C'est suffisant.

Orateur 11

Non, ce n'est pas suffisant.

Je veux bien que ce soit moi qui achète les cadeaux de Noël, qui mette nos deux noms dessus et qui rédige les cartes de remerciements, mais... cette fois-ci, non.

Quand j'étais avec lui, un jeune homme est arrivé...

Il était si faible, si frêle qu'il pouvait à peine marcher.

Il avait une sorte de mélanosarcome.

C'est le nom, je crois.

J'avais lu des articles, mais... Quand je l'ai vu, ça m'a fait froid dans le... Arrête !

Mais je veux que tu écoutes ça.

Lorsque ce jeune homme s'est aperçu qu'il avait le sida, ses deux compagnons de chambre l'ont chassé de leur appartement.

Ils ont jeté toutes ses affaires par la fenêtre.

Et aucun de ses amis n'a voulu l'héberger.

Il errait malade dans les rues de la ville.

Il couchait dans les squares, les parcs, n'importe où.

Et le pire de tout, tiens-toi bien, ses parents n'ont pas levé le petit doigt pour l'aider.

Ils ont refusé de le voir.

refusé de lui écrire, ils ne lui ont jamais adressé la parole.

Il est dans cet hôpital et il y est tout seul.

Il va mourir, crever tout seul, et il le fait.

Alors je te dis ceci, quel que soit le sort réservé à notre enfant, ce ne sera pas ça.

Orateur 3

Ma tante Wilma, de Miami en Floride, je lègue mon argenterie et ma vaisselle de porcelaine.

Est-ce que je vais trop vite, mon chéri ?

Orateur 23

Porcelaine, argenterie, tante Wilma.

Et mes meilleures recettes ?

Orateur 3

Il vaut mieux les brûler.

Pourquoi les brûler ?

Elle risque de finir entre des mains, elle dit.

Le collier de Max.

Max ?

Je l'avais levé un soir devant la porte d'un bar du même nom.

Oh, qu'est-ce que je vais entendre.

Il n'avait rien mangé depuis une éternité.

Alors je l'ai emmené chez moi et je lui ai fait un roulé de veau, farci de champignons et de poivrons verts.

J'ai peut-être jamais su m'occuper d'un homme, mais je sais très bien satisfaire un chien.

Orateur 14

Cessez de vous agiter de la sorte, Victor.

Orateur 3

Vous constaterez que je suis en conférence avec mon avocat.

Vous voudrez bien nous excuser ?

Mon infirmière, la meilleure amie de l'homme, j'abandonne le collier de Max.

Elle le portera avec plus d'élégance que ce voyou.

Victor.

Tout ça, c'est de la pacotille.

Tu m'as engagé, t'as oublié.

Je te dis ça aussi.

Je refuse.

J'y suis, j'y reste.

Je me dois de te conseiller utilement.

Les biens qu'on laisse ou les gens à qui on les laisse ne comptent pas.

Un testament, ce n'est pas fait pour ça.

Il témoigne de ton existence.

Il dit que tu étais là.

Comment j'étais là ?

Je n'ai pas l'intention de partir.

Sauf peut-être pour aller retrouver ce nouveau garçon de salle.

Oh, j'allais oublier.

Voici quelque chose qui, je crois, te fera plaisir.

Orateur 23

Oui ?

Pour moi ?

Merci, grand fou.

Entrez.

Papa ?

C'est maman qui devait venir.

Orateur 17

Ta mère avait beaucoup à faire, alors... me voilà.

Orateur 22

Tu es prêt ?

Oui.

Orateur 1

Comment tu te sens ?

Orateur 1

Bien ?

Orateur 1

Mieux.

Orateur 19

Bonjour mon chéri.

Orateur 11

Bonjour maman.

Orateur 23

Un ami à toi est ici.

Orateur 12

Qu'est-ce que tu fais là ?

Voilà, je passais dans les parages.

Orateur 4

Et il y a longtemps ?

Une petite heure.

Orateur 11

Peter voulait descendre à l'hôtel, mais je l'ai invité à passer le week-end.

Orateur 3

Qui est Peter ?

Je te présente Peter.

Peter Hill.

Mon père.

Orateur 12

C'est gentil à ta mère de m'avoir invité.

Je t'ai enfin présenté à mes parents.

Orateur 4

Tu as bonne mine.

Et toi, pas tellement.

Orateur 12

Charmant, je te remercie.

Je vais très bien.

J'ai très peu dormi ces temps-ci.

Orateur 3

Sois chic, ne tombe pas malade.

Pas d'imprudence.

Michael, si c'est vrai, si c'est moi qui t'ai transmis... Mais le docteur Redding nous a dit que ça a pu être quelqu'un avant toi, avant même qu'on vive ensemble.

Personne ne le saura jamais.

Non, arrête de tronger les sangs.

Après ce que j'ai fait, après ce que tu as dit.

Oh, je t'en prie, j'avais besoin d'une excuse, d'une justification.

Ok, alors reviens.

Orateur 23

Je peux pas.

Pourquoi ?

Putain, je peux pas.

Tel que tu me vois là, je suis bien.

Pour l'instant, mais qu'arrivera-t-il demain ou après ?

Dans un mois ou deux ?

Je tiens pas à t'infliger ça.

Orateur 12

Écoute, j'ai peur, d'accord.

Orateur 3

Je crève de trouille.

C'est pas une raison pour qu'on vive séparés l'un de l'autre.

Quand tu as dit que je refusais de... Quand tu as gueulé, plutôt...

Que j'ai refusé de partager ma vie.

Orateur 23

Tu avais raison.

Mais ça ne veut pas dire que je ne t'aimais pas.

Orateur 12

Tu sais, l'agence de voyage a téléphoné.

Orateur 1

Devine.

Orateur 1

Quoi ?

Orateur 1

Il y a un cyclone à Hawaii.

Orateur 21

Non, tu plaisantes ?

Orateur 11

Tu sais, la dernière fois qu'on était à Chicago, il y a de cela... combien, Nick ?

Presque deux ans, je crois.

Mais enfin, quoi qu'il en soit, Michael habitait un endroit minuscule.

Je ne sais pas quel nom lui donner.

Orateur 23

C'était un studio, maman.

Orateur 11

Ça ressemblait davantage à un placard.

Orateur 6

Qu'est-ce qu'il y a de drôle ?

Orateur 12

Ça m'échappe.

Il faut voir notre nouvel appartement.

Nous avons une vue superbe sur le lac, une terrasse.

Orateur 4

Ça doit être très solide.

Oui.

Vous me passez le beurre, je vous le prie.

Orateur 6

Michael dit que vous vous intéressez aux antiquités.

Orateur 4

J'aime restaurer les objets anciens, retrouver leur beauté originale.

Orateur 6

Eh bien, je dis que c'est une activité méritoire, restaurer les choses dans leur beauté originale.

Nick, tu n'es pas de cet avis ?

Orateur 8

Ça dépend de quoi on parle.

Orateur 6

Eh bien, c'est tout ce qui a beaucoup compté pour toi et qui compte encore.

Orateur 3

Je t'accompagne à la voiture, grand-mère.

Orateur 11

Arrête de me traiter comme une vieille.

N'oublie pas ta cocotte, maman.

Merci.

Conduis lentement, je t'en prie.

Orateur 6

Et laisse-les klaxonner.

Orateur 1

Oui, Catherine.

Orateur 6

Je t'appelle demain matin.

Je devrais inviter ton ami à venir chez moi un jour.

Il pourrait peut-être réparer ma vieille TSF.

Elle a rendu l'âme avec les martiens d'Orson Welles.

Orateur 1

J'y dirai.

Orateur 1

Arrête.

Orateur 6

Michael, c'est une maladie, pas une malédiction.

C'est ce que j'ai dit à ton grand-père lorsque des amis, des voisins ne venaient plus le voir parce qu'il avait un cancer.

Ils croyaient que s'ils respiraient le même air, il leur pousserait une tumeur.

On n'y peut pas grand chose.

Eh bien, embrasse ta grand-mère, allez.

Orateur 14

Qu'est-ce que tu penses de Peter ?

Orateur 11

Il est gentil, il est poli.

Le plus important, c'est que Michael est heureux qu'il soit là.

Alors il va mieux.

Eh bien, si ça t'intéresse tant que ça, tu peux venir le voir.

Tu ne l'as pas rayé de ta vie, j'espère, si ?

Maman, je t'ai déjà dit... Je sais ce que tu m'as dit, mais Michael est ton frère.

Je n'oublie pas combien vous étiez amis.

On l'est toujours.

Et alors, comment peux-tu le laisser tomber de cette façon ?

Maman, si c'était toi qui portais l'un de nous, qu'est-ce que tu aurais fait ?

Orateur 14

... ... ... ... ... ... ... ...

Orateur 11

Salut.

Salut.

Comment ça a été?

Bien.

Tu as vu ton ami?

Orateur 3

Comment va-t-il?

Beaucoup mieux maintenant, maman.

Orateur 12

Je ne pouvais pas dormir.

Je ne vous dérange pas.

J'étais... Je regardais les vieilles photos de Michael tout petit.

Orateur 1

C'est curieux.

Quand on connaît quelqu'un et qu'on découvre qu'il a toute une autre vie dont on ne savait rien.

Je sais.

Orateur 12

Je ne sais pas si vous avez vu celle-ci.

Elle a été prise l'été dernier au lac Charlevoix.

Je n'étais jamais allé à la pêche avant, ça ne me disait rien, mais... Michael m'a appris, c'était formidable.

Il m'a dit combien il aimait les parties de pêche avec vous.

Orateur 3

Il vous a dit ça ?

Oui, il parle beaucoup de vous.

Il ne m'a jamais parlé de vous.

Orateur 12

Ça a toujours été un problème entre nous.

Il y avait longtemps que j'avais envie de faire votre connaissance.

Oui.

Orateur 3

Oui.

Orateur 12

Vos parents sont au courant ?

Oui, ils le sont.

Ils l'acceptent ?

Ils essayent.

Eh bien, pas moi.

Orateur 3

J'ai élevé mon fils autrement.

Orateur 12

Mais c'est comme ça qu'il est.

Orateur 3

Vous n'y changerez rien.

Ce qu'il est n'est pas de votre compétence.

Vous ne le connaissez pas.

Je crois que si, monsieur.

Orateur 12

Je m'excuse.

S'il n'y avait que moi, je vous jetterais dehors.

C'est ma femme qui vous a invité.

Et cela changerait quoi aux sentiments que Michael et moi partageons ?

Je me fous des sentiments que vous partagez.

Orateur 17

Pourquoi ça a été lui ?

Orateur 3

Pourquoi ça n'a pas été vous ?

J'aurais bien voulu que ce soit moi.

Parce que je ne sais pas comment je vivrai sans lui.

Orateur 17

Mais il ne va pas mourir.

Ses médecins ne savent pas de quoi il parle.

Ils ne connaissent pas Michael.

Vous savez ce que c'est ça ?

Vous avez déjà vu ça ?

Il ne croyait pas pouvoir le gagner.

Moi, j'en ai jamais douté.

Il était grimpé sur une échelle et il m'aidait à refaire le toit du garage.

Il tombait et il s'est cassé la jambe.

Bande de pot.

Orateur 22

Le médecin a dit qu'il pourrait en rester des séquelles.

Orateur 17

Il fallait voir la tête que faisait Michael.

Il s'apprêtait à gagner la finale du cross et il avait ce plâtre énorme sur la jambe.

Il se voyait déjà vaincu.

Mais quand on lui a ôté le plâtre,

Je l'ai conduit tous les soirs à la piscine où il nageait pendant deux heures pour renforcer ses muscles.

Orateur 3

C'était dur au début, mais j'étais après lui.

Et plus je le poussais et plus il se mettait en rogne.

Orateur 18

Mais je continuais.

Je lui disais, vas-y, engueule-moi tant que tu voudras, aussi longtemps que tu n'abandonnes pas.

Orateur 17

Oui, après avoir gagné,

Orateur 3

J'y serais pas arrivé sans toi.

Espèce de vieux salopard.

Il n'y arrivera pas sans vous cette fois non plus.

Orateur 11

Je suis très contente que vous soyez venu, Peter.

Orateur 12

Je vous remercie, madame.

Et j'espère que nous nous verrons.

Orateur 11

Oui.

Vous savez...

J'ai toujours été un peu inquiète au sujet de Michael.

Ce qui me préoccupait, c'est le fait que... En fait, il avait tout ce qu'il fallait, sauf quelqu'un qui s'occupe de lui.

Orateur 1

Bon.

Au revoir.

Orateur 3

Je peux rester encore un ou deux jours.

Non, non, t'as ta boutique.

Ça va aller ?

Oui, très bien.

Tu vas me manquer.

Orateur 12

Quand tu reviendras, on fera une fête, on invitera quelques amis.

On me demande souvent de tes nouvelles.

On va gaver notre jukebox, ce sera marrant.

Et ce que t'en dis ?

Ça sera pas triste, oui.

Orateur 1

... ...

Orateur 19

J'ai...

Orateur 1

Musique douce

Orateur 1

... ...

Orateur 1

... ... ... ...

Orateur 1

non non

Orateur 9

Qu'est-ce que tu as fait ?

Orateur 17

Sors de là !

Orateur 21

Sors de là !

Respire !

Respire !

Plus fort !

Respire !

Orateur 17

Respire !

Orateur 21

Michael !

Qu'est-ce qu'il y a ?

Orateur 17

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Orateur 21

Je veux savoir !

Orateur 17

Il n'y a rien du tout, c'est entre Michael et moi.

Ne t'inquiète pas.

Orateur 3

Tu ne trouves pas que c'est stupide ce que tu viens de faire ?

Réponds-moi !

C'est ma vie à moi.

Orateur 23

Moi ce qui en reste.

Orateur 3

Tu n'as pas le droit de la détruire.

Ça aurait été plus facile.

Pour qui ?

Pour nous tous.

Et si ta mère t'avait découvert ?

J'espérais que ce serait toi.

C'est ce que tu veux, n'est-ce pas ?

Que je disparaisse ?

C'est ce que je veux aussi.

Parce que je sais ce qui va m'arriver, moi.

Je perdrai 20 kilos de plus.

Tu n'en sais rien.

Je nagerai dans une mer de 30 kilos.

Tu n'en sais rien.

J'en sais rien, je l'ai vu, je te dis.

Je connais ton discours.

Travaille dur et tu auras de bonnes notes.

Présente tes meilleurs arguments, tu gagneras ton action.

Celle-ci, je la gagnerai jamais.

Alors qu'est-ce que tu fais ?

Tu renonces à tout sans te battre ?

J'arrête pas de me battre depuis que je suis dans cet état.

Pour continuer à vivre, pour garder au moins l'espoir.

Continue à te battre.

Je peux pas !

Ne dis pas de conneries.

Orateur 17

J'ai beaucoup investi en toi.

Orateur 22

Sans moi, tu n'aurais pas fait d'études supérieures dans une des grandes écoles.

Orateur 17

Tu ne serais pas associé à un important cabinet d'avocats.

Tu conduirais un smir morgue.

Tu l'as pas fait pour moi, tu l'as fait pour toi.

Et ta putain de fierté !

Orateur 3

Oui.

Orateur 17

Tu as peut-être raison.

Parce que je croyais en toi.

Plus que je ne croyais en moi-même.

Orateur 3

Arrête, ne dis pas ça.

Orateur 23

Pourquoi est-ce que j'ai eu tant de difficultés à revenir ici pour te dire ?

Je voulais que tu sois fier de moi.

J'ai trahi ta confiance.

Je ne suis pas devenu cet homme que tu voulais.

Orateur 3

Eh bien, je n'en ai rien à foutre, figure-toi, de l'opinion que tu as de moi.

Parce que l'homme que je suis est bien meilleur que tu ne seras jamais, espèce de vieux salopard.

Orateur 17

D'accord.

C'est bien.

Continue, traite-moi de tous les noms.

Insulte-moi autant que tu veux.

Frappe-moi si tu veux.

Mais ne renonce jamais !

Je ne veux pas que tu meurs.

Orateur 23

Tu joues bien maintenant.

J'ai de qui tenir.

J'ai parlé trop vite.

Orateur 3

Donne-moi un coup de main, tu veux ?

Laquelle ?

La droite.

Orateur 11

Tu es prêt ?

Orateur 1

Prêt.

Orateur 1

Je vais...

Orateur 11

Il est parti ?

Orateur 12

C'est pas mal.

Orateur 11

Tu crois ?

Maman me dit que tu repars.

Ce soir.

Je serais venue plus tôt.

Mais tu sais comme je suis, j'en remets toujours tout à la dernière minute.

Pardonne-moi, Michael.

Orateur 23

J'en ai mis du temps pour arriver.

Orateur 3

Vlad, tu es sûr ?

Maman !

Suzy m'a touché !

Orateur 19

Tu vas te taire, Michael.

Oh, regarde-moi ça.

Orateur 11

Tu téléphones aussitôt arrivé, tu veux?

D'accord.

Peter t'attend à l'aéroport.

Orateur 23

Il a intérêt.

Orateur 2

Où est papa?

Orateur 23

Il est là.

Il est l'heure de partir.

Orateur 11

Il devrait nous laisser conduire.

Orateur 3

Je n'aime pas les adieux dans les aéroports.

Au revoir, maman.

Tu vas gagner, tu entends ?

Orateur 1

Mon cher maître.

Orateur 23

Je te le promets.

Je reviendrai.

Orateur 21

Oh !

Orateur 1

Oh !

Orateur 1

Oh !

Orateur 1

Oh !

Orateur 1

... ...

Orateur 1

Merci à tous.